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Esprit cuir sur fond blanc : Jain chez elle. La guitare customisée a été peinte par sa grand-mère.
Souvenirs de concerts, albums séminaux et instruments multiples: un «work in progress» permanent pour une artiste qui phosphore.
Portraits de famille, en mode singulier et électrique. Totem et vigie, le chat familial veille.
De gauche à droite: Ninon, Jain et Léa. Trois sœurs en état de grâce.

Zadig Society

Jain, princesse pop aux mille contrées

Nouvelle venue dans la pop française, elle s’impose avec un style bien à elle, fruit de son érudition musicale et de ses voyages à travers le monde. Zadig fait les présentations, le temps d’une session photo en famille.

 Elle a déboulé, au début de l’été, comme un boulet de canon avec son single “Come”. A 24 ans à peine, Jain est le nouvel espoir d’une pop made in France mais qui dépasse largement les frontières, et voit grand et en couleurs – de l’Afrique au Moyen-Orient, de la Terre jusqu’au ciel. Chaînon manquant entre Lily Allen, Salif Keita et les Britanniques de Blur, Jeanne (dans le civil) incarne à elle seule un brassage des genres qui n’a peur de rien. Son éducation sonore s’est faite, à l’adolescence, au fil des itinérances de ses parents expatriés et de la compagnie de ses sœurs. A l’heure de son premier album, Zanaka*, autant nourri par ses racines malgaches que les albums de chevet de ses aînées, Léa et Ninon, l’univers de Jain est en pleine expansion. On lui parie une longue carrière internationale, campée dans ses baskets street style et sa robe de collégienne dont elle ne se sépare jamais à la scène… Haute comme trois pommes, et déjà tout d’une grande.

 Jain, une fille libre ?
Je l’espère ! Musicalement, je me suis construite en même temps que je suivais mes parents dans leurs déplacements. J’ai commencé par jouer de la batterie, puis des percussions arabes à Dubaï, mais c’est au Congo, où j’ai aussi vécu, que mon projet artistique a pris forme. J’avais 16 ans. C’est là que j’ai écrit mes premières chansons, mais j’ai préféré patienter avant de me lancer : je voulais être sûre de ce que je faisais, de ce que j’allais présenter au public.

 

Votre musique : plutôt hybride ou métissée ?
Hybride ! Je fais de la «melting pop», une pop mâtinée de hip hop, de folk et de soul. Le terme «métissé» est un peu réducteur pour moi. Je fais partie d’une génération de musiciens qui essaient de dépasser les étiquettes pour aller vers quelque chose de plus large.

 Jain, une femme-orchestre ?
Je vois plutôt ma musique comme du bricolage. Je joue un peu de guitare, un peu de basse – je ne me considère pas comme une musicienne.

 Votre personnage scénique est-il différent de celle que vous êtes à la ville ?
Non, Jain est une exacerbation de ce que je suis – comme un gros plan. Quand je me glisse dans la robe que je me suis créé, noire et blanche, c’est pour mieux dévoiler une facette de moi-même. J’ai choisi ce noir et blanc, très graphique, parce que ce contraste absolu me résume. Pour accompagner ma musique, par définition colorée, j’avais envie de quelque chose d’un peu austère.

 Qui sont vos «role models» musicaux ?
Radiohead, Gorillaz, Daft Punk, parce qu’ils ont tous réussi à se renouveler sans arrêt, mais aussi la chanteuse africaine Miriam Makea… J’adore les artistes qui font bouger les choses, qui repoussent les limites au point de tout bouleverser.

 

Pourquoi cette volonté de faire carrière solo ?
Quand j’ai commencé la scène, je n’avais pas eu le temps de répéter avec un groupe. Mais c’est aussi une volonté : je m’accompagne de machines pour rendre mes shows plus dansants, j’essaie d’assumer tout ce que je fais seule.

 Votre souvenir le plus marquant, esthétiquement parlant ?
Gondissa, un peintre que j’ai découvert au Congo. Il dessine des paysages d’Afrique un peu abstraits, assez naïfs. C’est quelqu’un qui m’a marquée par son côté «DIY», aussi : il va jusqu’à créer les canevas et les cadres de ses futurs tableaux.

 D’où viennent vos grigris ?
Je les ai achetés au gré de mes voyages, ou bien ma famille me les a offerts. Je porte le bracelet de mon grand-père malgache, la bague afghane de ma grand-mère française, et une autre bague que j’ai achetée au Sénégal. Impossible de m’en défaire.

 Votre rapport au groupe, à la tribu ?
Ce sont mes racines. Pendant longtemps, je me suis demandé où elles étaient, géographiquement parlant, jusqu’à ce que je me rende compte que c’était ma famille et mes amis : peu importe où j’habite, ma maison, c’est eux.   

 Vos sœurs ont-elles une influence sur votre musique ?
Oui, c’est grâce à elles que je suis devenue ce que je suis, et vice-versa. On s’est éduquées ensemble ; entre nous, il y a comme un effet miroir. Ninon et Léa m’ont beaucoup influencée de par la musique qu’elles écoutaient lorsque j’étais enfant. Aujourd’hui encore, je leur soumets tout ce que j’écris : leur avis est capital… Avoir des sœurs, c’est un état de grâce. Les miennes sont protectrices, aimantes, mais ce sont aussi mes meilleurs potes.

En concert à Bourges (Printemps de Bourges) le 13 avril, et à Paris (La Cigale) le 11 mai. 

 * Zanaka (Sony), déja paru. 

 Photos : Alexandre Tabaste

 

 

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