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Trio de tête, accord parfait : le style vécu comme une philosophie de vie, «une affaire d’esthétique et d’amitié». 

Un goût sans égal pour le précieux et le beau : Bangkok cultive l’art du décalage et de la fugue en mode majeur.

Nomades urbains capables de jouer devant 17 000 personnes à l’autre bout du monde comme de vivre en tribu.

ZADIG SOCIETY

Bangkok, trio baroque

D’un autre siècle, baroudeurs chics, ces nouveaux espoirs du rock français se sont posés le temps d’une session photo pour Zadig & Voltaire. Elégants: le terme leur va comme un gant.

La trentaine, à peine, et déjà mille vies. A l’heure d’un premier EP* qui fait la différence, Bangkok joue les outsiders dans la catégorie rock. Racée et cousue d’or, la musique de ces Français s’impose et en impose, entre glam et paillettes, électro-pop et disco. Unique en son genre. A la ville aussi, leurs vies n’ont rien d’ordinaire : Melchior et Barthélemy, qui sont frères, et leur ami d’enfance Antoine sillonnent le globe à la recherche de pierres précieuses, quand ils n’y improvisent pas d’improbables concerts. Flamboyants, furieusement libres, à l’image de “Maya Girls”, leur premier single dont nous vous proposons ici la vidéo : un trio à part en forme d’exception culturelle.

Bangkok, le groupe : un hasard ou une évidence ?
Une évidence ! On a toujours fait de la musique ; avec Antoine, on s’est rencontrés autour d’un piano. On n’aurait pas été amis autrement, c’est notre centre d’intérêt commun.

Qu’est-ce qui vous définit musicalement ?
On porte une attention toute particulière aux voix, aux harmonies. On a aussi une certaine nostalgie des années 70 et 80 – la musique de cette époque, on l’a beaucoup écoutée. S’il y a un courant musical dans lequel on s’inscrit, c’est plutôt le glam rock. On ne fait pas du tout de la musique sombre, ça n’a jamais été notre but.

Bangkok, au-delà de la musique : une affaire de style ?
Oui, mais vécue comme une philosophie. C’est aussi et surtout une affaire de goûts, d’esthétique, d’amitié.

Votre définition de l’élégance ?
Etre décomplexé et courageux.

Vos voyages à l’étranger, en Asie ou ailleurs, ont-ils influencé votre style ?
Ce ne sont pas que des voyages. On a vécu dans ces pays – la Thaïlande, l’Amérique du Sud – souvent plusieurs années. Culturellement, on s’en est imprégnés. On a toujours, aussi, été un tout petit peu gitans : nos vies tiennent dans un sac, on peut lever les voiles en une demi-heure. On se prête tout, on a une vision très nomade de l’existence, même en ville.

Faire de la musique en trio : une configuration à part ?
3, c’est le chiffre magique ! On peut difficilement se tromper dans cette configuration. Il y en a toujours un pour trancher, pour remettre les idées des autres en perspective… On est capable de tout entendre, de tout se dire : on est tous les trois issus de familles nombreuses ; très tôt, on a appris à composer avec l’autre.

Votre rapport à l’entourage, aux amis ?
On fonctionne comme une petite tribu, on n’imagine pas vieillir les uns sans les autres à proximité. Pour nous, c’est un terreau, un enracinement. Il nous permet, en parallèle, d’être détachés, il nous donne une certaine assurance, de la confiance… Quoi qu’on fasse, il y a cette source affective où on peut revenir, se retrouver.

La chose la plus folle que vous ayez faite à trois ?
Un concert devant 17 000 personnes, à Madagascar. On s’est installé dans un tout petit village de 500 habitants, une zone enclavée à 2000 mètres d’altitude. Pendant un mois, on a rameuté les gens du coin depuis la radio locale, qui émettait une heure par jour. Petit à petit, ils sont venus camper pendant qu’on construisait une scène face aux montagnes… On a sélectionné des groupes du cru pour jouer avec nous. En fin de compte, ça a été une espèce de Woodstock malgache. Une expérience folle, avec dans le public des porteurs de haches, un rodéo d’une violence rare où les hommes affrontaient des zébus pendant qu’on chantait, des sorciers qui faisaient des incantations…

Le vêtement qui fonctionne pour vous comme un symbole ?
L’étole de voyage qui protège du soleil, du froid, du vent et des tempêtes de sable.

Vos icônes ?
Sénèque, Lautréamont et Lawrence d’Arabie.


Photos : Alexandre Tabaste

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